Carl Craig « 69 live », Cargo Arles, vendredi 09 mars.
J’avais ma place depuis des semaines, le pape de la techno de Detroit passe dans la région, tout amateur de musique électronique ne peut manquer ça ! J’avais déjà eu l’occasion de le voir il y a 2 ans à Marseille pour un DJ set. Là un live, en plus reprenant un projet de ses débuts « 69 », tout ça va sonner très fin 80’s début 90’s bref un certain âge d’or de ces courants venus de Detroit (pour la techno) et Chicago (pour la house).
22h devant le Cargo, pas foule, je ne m’y fie pas. Malheureusement à l’intérieur non plus. Paul Nazca assure la première partie ; depuis plusieurs années sur la scène électro du sud, ce dj/producteur assure un bon set propre et qui ravi les quelques présents. Petite curiosité il mixe avec une oreillette et non un casque comme le font habituellement tous
les DJ.
23h, le demi dieu arrive, masqué tel un catcheur mexicain et lunettes de soleil, le live commence. Les claviers que j’affectionne sont bien présents, le début est un long crescendo planant, ça sent bon pour la suite ! Bam les snares et les kicks partent ! La foule qui, heureusement s’est faite plus dense, est surtout composée de trentenaires et quadragénaires, probablement des fans de la première heure et ils sont visiblement contents d’être là. Ça change et ce n’est pas désagréable, cela donne donc un public de connaisseurs. Et il en fallait un peu des connaissances, le live est pointu, Monsieur Craig fait sortir beaucoup d’effets de ses machines, on dirait presque qu’il teste des mélodies en direct. Je ne connais ou reconnais aucun des morceaux, malgré avoir parcouru longuement sa discographie depuis des années, cette lacune n’empêche en rien le son de me faire bouger, il suffit de se laisser porter par le tempo des claviers et autres boîtes
à rythme. C’est là où je me dis qu’il s’agit d’un grand monsieur de la Techno, on peut lui faire confiance, il nous mène où il veut pour notre plus grand plaisir.
23h30, changement de masque pour quelques chose de plus classique, et toujours les lunettes, il semble satisfait d’être là, tant mieux, lui qui est habitué aux grandes salles et projets d’envergure, reste simple et prend du plaisir à jouer dans des petites villes.
23h45, il enlève son masque (oui c’est bien lui), je pense que la première partie de soirée fut dense en consommation vu l’air “ravi fatigué” du monsieur. Le set s’arrête assez brutalement à 00h. Une heure pile c’est très court, et le « messager
de Detroit » n’avait pas l’air au mieux de sa forme. Qu’importe j’ai déjà hâte de le revoir !
Pendant la soirée et quand j’écoute ce genre de sons old school je pense fortement à une anecdote du livre autobiographique de Laurent Garnier, Electrochoc, où à ses débuts, rencontrant Derrick May il écrit : ”Ce que j’ai compris, c’est la nécessité qu’il y a à mettre son coeur dans la musique. [...]Les mots de Derrick May me revenaient en mémoire : “You don’t make a record for fun, man.“
J.B.B.