SOKO – « I Thought I Was An alien »
J’ai découvert Soko il y a quelques années avec le morceau I’ll kill her qui avait fait son petit buzz sur la toile. Ce titre était extrait du maxi No SoKute de 5 titres. Cette sortie autoproduite, de ce qui était alors un groupe, avait fait son petit effet, Soko se retrouvant programmé dans de grands festivals européens, Bourges, Paléo, Pukkelpop, festival de l’île de Wight, entres autres. Puis après 2008 plus rien, sauf des apparitions au cinéma pour Stéphanie Sokolinski, qui lui ont même valu en janvier 2010 une nomination au César du meilleur espoir féminin pour le film “A L’origine“ de Xavier Gianoli.
Et voilà 2012 arrive et Stéphanie désormais seule et unique membre du groupe revient, avec un album cette fois, son vrai premier I Thought I Was An Alien, chez Because Music. Et l’on ne peut qu’en saluer la qualité. Dès le 1er titre le style est posé, ce sera intimiste et lo-fi. On croit même à la première écoute que le passage mastering du disque n’a pas eu lieu, mais non c’est bien là sa touche. Une voix simple et une guitare pour la plupart des morceaux avec un grand sens de la mélodie. Cela à beau sonner "cheap", on entre dans son univers et on se laisse porter par sa narration.
Après plusieurs écoutes des 15 chansons qui composent l’album, je me suis surpris à en sauter quasi aucune. Cela s’écoute d’un fil, comme une histoire sur sa vie, Soko se confie de belle manière, le titre I Just Want To Make New With You qui ouvre l’album nous explique : « You will discover me through my song/Learn my heartbreaks, and fears, and dépression/Hear all the cracks and the lack of talent/And I hope that you don’t hate by then » (Vous allez me découvrir par mes chansons/Vous sentirez mes chagrins, mes peurs, mes déprimes/Vous découvrirez toutes mes faiblesses et mon manque de talent/Et j’espère que vous n’en viendrez pas à me détester). Il y a aussi deux autres morceaux marquants No more home, no more love qui raconte qu’on apprend avec le temps et que vivre seulement avec sa guitare et sans son chez soi n’est vivable qu’un temps. Et We might Dead by tomorrow qui communique ce désir de vivre dans le présent, de s’assurer de faire ce qu’il faut faire pour cette artiste qui a perdu son père à l’âge de 5 ans.
La sincérité transparait du disque, c’est ce qui rend vrai le travail de cette française exilée à Los Angeles. Je vous invite vraiment à entrer dans son univers.
J.B.B.

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